Aikido Journal Home » Editorials » La nature d’une attaque Aiki News Japan

La nature d’une attaque

par Stanley Pranin

Aiki News #5 (August 1974)

Traduction française: Ludwig Neveu

L’article suivant a été préparé avec l’aimable assistance de Brian Workman des USA.

“Quelle est la nature d’une attaque ?” : c’est une question d’une importance fondamentale pour tout étudiant d’Aïkido. C’est en identifiant une attaque que l’on amorce la décision d’utiliser les techniques d’Aïkido pour rétablir la paix devant une situation d’hostilité.

Une fois qu’une personne a acquis un répertoire de base de techniques d’Aïkido et est, par conséquent, libéré d’un souci excessif pour la mécanique des mouvements, il peut alors commencer à développer une perception pour ces signes avant-coureurs qui signalent une attaque imminente. Par exemple. Il peut s’agir de subtils indices corporels tels qu’un changement d’appui ou une tension dans le corps qui révèlent l’intention de l’agresseur potentiel.

Ayant calmement et convenablement anticipé l’action agressive, l’Aïkidoka peut prendre des mesures pour limiter les options à la disposition de l’attaquant d’un certain nombre de manières : en mettant son corps en mouvement ; en adoptant une posture différente vis-à-vis de l’adversaire ; en projetant effectivement une image de force tranquile, etc. En procédant de cette façon, le défenseur habile introduit de nouvelles informations qui peuvent servir à perturber l’agresseur et à neutraliser efficacement son attaque. Quand on visionne les films de O’Sensei, il semble souvent que ses agresseurs ne font pas de gros efforts pour l’atteindre. Ce qu’on ne peut pas apprécier à sa juste mesure, c’est l’impact des actions subtiles qui transparaissent quelques millisecondes avant que le contact physique ait lieu.

La sensibilité et la capacité à identifier l’hostilité, obtenues par l’étude de l’Aïkido, peuvent être élargies hors du tatami pour inclure les domaines de l’activité verbale et sociale. De même les formes non-physiques d’attaque peuvent être détectées dans leurs prémisses et ainsi traitées avec succès. Nombreux en effet sont les indications transmises par le comportement verbal et le langage du corps, pouvant avertir le protagoniste d’un échange social assez sensible pour pouvoir adopter une conduite appropriée, afin de réduire les tensions et les conflits au sein d’un groupe.