Aikido Journal Home » Articles » Morhei Ueshiba, Fondateur De L'Aikido (4) Aiki News Japan

Morhei Ueshiba, Fondateur De L’Aikido (4)

Available Languages:

par Kanemoto Sunadomari

Aiki News #75 (August 1987)

Traduction française: Jocelyn Dubois

L’auteur, Monsieur Kanemoto Sunadomari, a rencontré MORIHEI UESHIBA pour la première fois en 1928. Fervent disciple de la religion Omoto, il a fait des recherches concernant l’influence de cette religion sur l’aïkido et sa philosophie. Ce livre, la première bibliographie d’O-Sensei, a été publié en février 1969.

Rencontre Avec Sokaku Takeda

Morihei qui était à Engaru pour affaires, logeait à l’auberge Hisada, où il rencontra Sokaku Takeda du Daito-ryu jujutsu que j’ai mentionné ci-dessus. Cette rencontre était un signe du destin. Dans le passé, j’ai affirmé que Morihei avait rencontré un champion de sumo d’Ishikari au col de kitami, sur la route d’Asahikawa, et qu’il avait logé avec lui dans une auberge de Shirushibe. Sokaku Takeda était l’expert de jujutsu dont le champion de sumo lui avait parlé.

Le Daito-ryu était une école d’arts martiaux peu connue jusqu’à l’époque Meiji. Il est dit que l’un des ancêtres éloignés de cette école fut Shina Saburo Yoshimitsu. Cette école se léguait de père en fils depuis les temps anciens au sein du clan Aizu. Après la période Meiji, elle s’est répandue dans d’autres régions du Japon. Sokaku était le descendant direct de cette école orthodoxe. Morihei qui avait une expérience du jujutsu fut intéressé et demanda à recevoir un enseignement lorsqu’il appris que c’était Sokaku.

Sokaku permit à Morihei de devenir son élève en lui faisant le commentaire suivant : « Je vois que vous promettez. Restez ici quelques temps et je vous enseignerai ». Morihei resta à l’auberge et suivi des cours pendant un mois (1). Bien qu’il n’oubliait pas être venu pour affaires, il était tenté de se dévouer à l’entraînement, lui qui était féru d’arts martiaux. Les personnes qui voyageaient restaient rarement un mois au même endroit en Hokkaido, un endroit perdu et …Shirataki en particulier.

Limites De La Force Physique

Morihei qui pratiqua seul avec Sokaku pendant un mois était soucieux du problème de la force physique et de la technique. Il réalisa qu’il y avait quelque chose chez Sokaku qu’il ne pouvait appréhender avec la seule force physique. A cette époque, il était au comble de sa forme et avait une confiance absolue dans sa force physique et son énergie qu’il avait développées au travers de son expérience des champs de bataille pendant qu’il était militaire. Sa confiance était devenue encore plus inébranlable depuis son arrivée à Hokkaido.

Bien que mesurant 1m 54cm, il avait testé sa force plus d’une fois sur de grands gaillards de près de 110 kilos. Morihei était d’une si grande force qu’il n’avait jamais été battu. Pourtant il ne fut jamais capable de surpasser Sokaku, un homme de sa taille, sur le plan technique.

Le séjour d’un mois fut long et Morihei ne pouvait rester là éternellement. Il quitta Sokaku en lui promettant qu’ils se reverraient. Par la suite, Morihei invita Sokaku à Shirataki et l’hébergea chez lui pour s’entraîner.

Il réunit tous les jeunes gens du village ainsi que ses employés pour l’entraînement, et pendant que Sokaku était son invité, il le servait de son mieux, faisant preuve d’une grande hospitalité pour ce maître d’arts martiaux. Aujourd’hui encore, Morihei est un lève-tôt mais lorsque qu’il recevait Sokaku chez lui, il faisait montre d’une grande courtoisie en tant que disciple, se levant à trois heures du matin pour puiser de l’eau du puit pour le bain, faire du feu dans le poêle pour réchauffer la pièce et préparer le déjeuner personnel de son maître. Car Sokaku n’aurait jamais mangé autre chose que ce que Morihei préparait.

Les anciens samurai étaient incités à la prudence à cause des empoisonnements et autres ruses, et certains, conscients de ce danger, considéraient comme nécessaire l’exercice de la prudence dans leurs habitudes alimentaires. Sokaku vivait aussi à une période de conflits s’étendant de la fin de l’ère d’Edo à l’ère Meiji et il avait probablement pris l’habitude de ne manger que les repas préparés par ceux en qui il avait confiance.

Ces habitudes peuvent paraître très étranges aux personnes d’aujourd’hui, mais ceux qui vivaient dans ces périodes de troubles étaient contraints à la vigilance et acquéraient de tels réflexes.

Servir Un Maître Exigeant

Morihei servait Sokaku, un maître difficile, avec une grande prévenance, comme un étudiant dévoué de la période d’Edo, et il prenait soin de lui de différentes manières, faisant attention non seulement à ses repas, mais aussi à chaque détail de sa vie.

Après avoir terminé ses tâches matinales, Morihei se consacrait à un entraînement privé auquel seul lui et Sokaku participaient. Cette entraînement durait deux heures chaque matin. Puis les autres étudiants arrivaient pour pratiquer lorsque les deux avaient fini leur entraînement.

Morihei n’avait jamais imaginé qu’il serait absorbé de la sorte par un entraînement aux arts martiaux en venant dans la partie la plus au nord d’Hokkaido. Il était venu là spécialement pour dévouer son extraordinaire énergie à l’agriculture et à la protection de la partie nord du Japon. Les activités agricoles de la colonie portèrent fruit et chaque année la surface de terres arables augmentait. Morihei atteint ainsi un certain niveau de richesse. Lorsqu’il travaillait, il n’avait pas une minute à lui, maintenant il pouvait s’aménager du temps libre s’il le souhaitait. C’est pourquoi il pouvait pratiquer le jujutsu. Il n’avait jamais rêvé qu’il se distinguerait un jour dans le monde des arts martiaux. Jusqu’à ce qu’il développe un style de vie discipliné dans ces dernières années, il n’était rien d’autre qu’un fermier qui affrontait la nature et ne se considérait pas comme un artiste martial.

(The full article is available for subscribers.)

Subscription Required

To read this article in its entirety please login below or if you are not a subscriber click here to subscribe.

Username:
Password:
Remember my login information.