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Biographie de Sokaku Takeda (1)

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par Tokimune Takeda

Aiki News #74 (April 1987)

Traduction française: Ludwig Neveu

L’article suivant a été adapté à partir d’un essai dans la Gazette du Daitokan n° 4 publiée le 1er août 1974 et préparé avec l’aimable assistance de Jill Lopato des USA.

Sokaku Takeda, deuxième fils de Sokichi Takeda, est né le 10 octobre 1860 dans le Manoir Takeda, qui faisait partie du Sanctuaire d’Ise (dédié à la divinité Amaterasu Omikami) à Oikeda, Aizubangecho, Préfecture de Fukushima, l’ancien centre du clan Aizu.

La famille Takeda au service du Sanctuaire d’Ise d’Aizu

Le lieu de naissance de Sokaku se situait près du temple de Seinei dans la Préfecture de Fukushima, construit par Tamuramaro Sakanoue (758-811), le commandant militaire d’un corps expéditionnaire contre les “Barbares”. Egalement connu sous le nom de Sanctuaire d’Ise d’Aizu, il fut dédié à l’esprit du Grand Sanctuaire d’Ise à Mie. Des générations successives de la famille Takeda ont servi ce sanctuaire.

(Le Sanctuaire d’Ise dans la Préfecture de Mie est connu en tant que Grand Sanctuaire d’Ise, le plus haut mausolée, et le sanctuaire japonais “originel”. Tamuramaro Sakanoue fonda également Kiyomizu-dera, le fameux temple à Kyoto.)

Le fondateur du clan Aizu, le Seigneur Masayuki Hoshina (?-1671), qui était protecteur d’une famille qui plus tard hérita du Shogunat, fit une offrande de 170 koku (un koku = 278,9 litres) de riz de son fief au Sanctuaire d’Ise, augmentant substantiellement le capital de celui-ci. Il voulait raviver le Shinto, alors que la littérature chinoise était florissante au Japon, en tant qu’élément essentiel de sa vision en soutien à la famille Impériale. Les chefs de file successifs du clan Aizu héritèrent de l’administration du Sanctuaire d’Ise d’Aizu, qui fut fondé pour la vénération des Kami (divinités) et de l’Empereur. Il s’agissait notamment d’envoyer des représentants pour transmettre des félicitations et des condoléances en rendant visite au palais Impérial.

Le Seigneur Matsudaira: Préfet militaire de Kyoto

Quand le Seigneur Katamori Matsudaira (1835-1893) devint chef de file du clan il fut nommé Préfet Militaire de Kyoto. Pendant un grand nombre d’années il s’employa à unir la Cour Impériale et le Shogunat, gagnant ainsi la confiance de l’Empereur Komei.

La femme et les enfants de Matsudaira, qui étaient restés dans le fief d’Aizu, vendirent tout, y compris les peignes et les épingles à cheveux ornementales, afin de le soutenir financièrement à Kyoto. Tout le clan Aizu soutenait l’Empereur de tout son cœur. Plus tard, à l’issue d’une intrigue de palais où fut impliqué le clan Choshu, Aizu tomba soudain en disgrâce et en vint à être considéré comme ennemi de l’Empereur. Les membres du Conseil des Anciens du Shogun, qui eux aussi militaient pour l’union de la Cour Impériale et du Shogunat, démissionnèrent de leur poste pour éviter d’endosser la responsabilité de ce revirement. Le clan Aizu reçut tous les reproches, et l’ancien ennemi de l’Empereur, le clan Choshu, finit par former l’Armée Impériale. Les forces combinées de Satsuma, Choshu, Tosa et Hizen attaquèrent ensuite les Aizu qui furent poussés au bord de la ruine. C’est le tragique épisode au cours duquel dix du Byakkotai et 21 membres de la famille Saigo commirent le seppuku (suicide rituel), durant la Guerre de Boshin de 1868.

Les soi-disant loyalistes du Japon juste avant l’ère Meiji avaient des idéologies différentes, certains voulant “vénérer l’Empereur et expulser les barbares” alors que d’autres soutenaient le Shogun et l’ouverture du Japon aux échanges extérieurs. Malgré cette différence ils partageaient la même dévotion pour l’Empereur et la même loyauté pour la nation. Leur volonté de sacrifier leur vie en des temps de crise nationale fut appelé Yamato Damashii ou “Esprit Japonais”.

Sokaku et l’Esprit Japonais

Sokaku grandit dans l’ombre de la tragique guerre d’Aizu, à la fin de laquelle les clans Satsuma et Choshu de l’Armée de l’Ouest prirent le commandement de l’armée, de la marine et de la police. Des années plus tard Sokaku enseigna à des officiers militaires et de la police sa propre version du Yamato Damashii, incarnation de l’esprit de vénération envers les Kami et l’Empereur. Le code du guerrier de Sokaku l’avait préparé, quand il fut confronté à la mort, à se battre contre des milliers d’homme pour une noble cause. En 1899, l’esprit du budo de Sokaku s’exprima sous la forme d’un poème, qui est recueilli sur un de ses rouleaux d’enrôlement (eimeiroku) :

“Poème dicté à Sokaku Takeda Sensei, le Kami du guerrier samouraï, donnant son âme toute entière à sa nation sans aucune idée d’être récompensé.”

Tourmente politique au Japon à la veille de l’ère Meiji

L’état du Japon durant cette période affecta énormément l’enfance de Sokaku. La situation politique était confuse, à cause de la pression en faveur de l’ouverture du Japon au monde extérieur. En août 1859 le Shogunat mit à mort tous ceux qui s’opposaient à ses décisions (dont Sanai Hashimoto du clan Fukui et Shoin Yoshida du clan Choshu) et bien des hommes de valeur furent perdus durant cette purge, connue sous le nom de Massacre de l’ère Ansei.

Le 3 mars 1860, le Seigneur Naosuke Ii, le Ministre en Chef du Shogun, fut assassiné par 18 membres des clans Mito et Satsuma à l’extérieur de la Porte Sakurada du Château d’Edo. En conséquence de cet incident, l’autorité du Shogunat commença sérieusement à s’affaiblir.

Le triste destin de la princesse Kazunomiya

Le Shogunat adopta alors l’idéologie de son adversaire, qui était fondée autour de la vénération de l’Empereur. Un événement particulièrement crucial impliqua Kazunomiya, la sœur cadette de l’Empereur qui avait été fiancée, à l’âge de six ans, à Taruhito Arisugawanomiya Shinno, un prince Impérial. Malgré le fait que la date de ce mariage ait déjà été décidée, elle fut victime du mouvement en faveur de l’union de la Cour Impériale et du Shogunat et fut forcée d’épouser le Shogun, un roturier. En octobre 1861 elle fut amenée à Edo (l’ancien nom de Tokyo) sur la dangereuse route de Nakasendo. Les autorités du Shogunat craignirent qu’elle ne soit capturée et sélectionnèrent 50 membres du Kobusho (où des vassaux habiles aux arts martiaux se réunissaient pour s’entraîner) comme garde rapprochée, armés d’arcs, de fusils et de sabres. Le convoi parvint à atteindre Edo et le 14 février 1862, à l’âge de 16 ans, la vie de sacrifice de Kazunomiya débuta, en tant qu’épouse du Shogun Iemochi Tokugawa.

Tensions à Kyoto

Six loyalistes rendus furieux de cet incident attaquèrent Nobumasa Ando, un membre du Conseil des Anciens du Shogun, à l’extérieur de la Porte de Sakashita alors qu’il était sur le chemin du Château d’Edo le 15 janvier. Nobumasa souffrit d’une blessure au dos, mais les six agresseurs furent tous tués sur place. Ceci est connu sous le nom d’Incident de la Porte de Sakashita.

Les incendies volontaires et les assassinats politiques étaient courants. Sakon Shimada, un membre de haut rang de la famille Kujo de Kyoto, fut tué en juillet 1862. Des bandes appartenant au groupe de Tenchu rôdaient, menaçant de renverser le Shogunat. Ils pendirent des effigies en bois de trois générations de la famille Ashikaga (une dynastie de Shogun au pouvoir entre 1338 et 1573), créant un climat d’angoisse parmi les habitants de Kyoto.

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