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Biographie de Sokaku Takeda (3)

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par Tokimune Takeda

Aiki News #76 (December 1987)

Traduction française: Ludwig Neveu

L’article suivant a été préparé avec l’aimable assistance de Brian Workman des USA.

Les soldats assiégés du château d’Aizu

L’armée d’Aizu, retranchée dans le château d’Aizu, organisa des troupes de choc pour s’exfiltrer et mener des attaques de nuit contre l’armée de l’ouest, dont l’artillerie perdait la moitié de son efficacité dans l’obscurité, ce qui lui donnait du fil à retordre.

Sous le commandant du chef vassal Kampei Sagawa, ces troupes de choc étaient particulièrement efficaces. On dit que l’art de la lance du clan Aizu était sans égal dans tout le Japon. A l’intérieur du château, des experts de la lance comme Sokichi Irie et Kotaro Shiga tuèrent d’innombrables ennemis au combat, alors que les femmes et les enfants combattaient les incendies sous le commandement d’une brigade de pompiers venus d’Edo (plus tard appelée Tokyo), sous une pluie d’éclats de projectiles ennemis tirés à partir du Mont Oda.

Un prêtre nommé Nikkai du Daihoji monta à la tour et, priant le bouddha Amida, fit sonner la cloche toutes les heures, de jour comme de nuit, tout au long de la bataille. Les soldats à l’extérieur du château, en entendant la cloche, savaient que ceux de l’intérieur résistaient toujours et continuaient à se battre durement.

Le martyre de la famille Saigo

Une histoire fameuse en rapport avec la guerre d’Aizu concerne la mort tragique de 21 membres de la famille de Tanomo Saigo, le chef vassal responsable du château.

Tanomo Saigo était issu de la famille Hoshina du clan Aizu, une famille importante qui avait pris part à la conduite des affaires du clan pendant des générations. Quand le chef du clan, Katamori Matsudaira, se prépara à garder la ville de Kyoto en 1862, Tanomo partit à Edo pour l’en dissuader, mais Katamori ne suivit pas son conseil. Avant que la guerre de Boshin n’éclate, Tanomo recommanda qu’ils prêtent serment d’allégeance au nouveau gouvernement, mais il essuya un rejet. Tanomo prit part à la bataille de Boshin contre l’armée de l’Ouest alors qu’il était gouverneur-général d’Aizu Shirakawaguchi.

Pendant que l’armée de l’Ouest approchait de Wakamatsu, l’épouse de Tanomo, Chieko, se prépara à la mort de son mari et elle ainsi que la mère de Tanomo firent le serment de se tuer. Elle accompagna son mari jusqu’à sa sortie du château, rassembla sa famille et les pressa de faire leur devoir, puis poignarda ses filles à mort et se trancha la gorge elle-même. La famille entière de Tanomo, composée de 21 membres, prirent leur vie ainsi. Nobuyuki Nakajima, un membre de l’armée de l’Ouest qui plus tard devint le premier président de la Chambre des Représentants du clan Tosa, pénétra dans le manoir Saigo avec d’autres hommes et fut témoin de l’affreux spectacle. Bouleversés d’horreur, ils virent une belle jeune fille de 16 ans environ, qui avait perdu la vue mais n’était as encore morte, lever la main. Elle demanda à Nakajima s’il était du côté d’Aizu ou un ennemi. Nakajima ne put supporter de la regarder et répondit qu’il était de son côté. La fille lui tendit alors une dague, et Nakajima, retenant ses larmes, lui trancha la gorge et partit. Bien d’autres familles du clan Aizu, dont les familles Izumo, Numazawa et Shiba, moururent tragiquement pour leur patrie. Des années plus tard, Nakajima rapporta cet incident, et aujourd’hui il y a un monument à la mémoire des 21 martyrs de la famille Saigo dans le Manoir Saigo sur le site du château.

L’armée des femmes d’Aizu

Un groupe fort de 20 femmes vigoureuses, dont la femme de Heinai Nakano, de ses deux filles Takeko et Yuko, Masako Yoda, Samako Okamura et Kikuko Mizushima, demanda la permission d’entrer dans le camp Aizu de Bange. Elles rejoignirent l’avant-garde et participèrent à une bataille près de Yanagibayashi. Takeko Nakano, une beauté de 22 ans, s’était entraînée au naginata auprès de Dengoro Kurokochi, d’autres arts martiaux et la calligraphie auprès de Taisuke Akazeki, et pratiquait la coupe du sabre dans le vide mille fois tous les matins. Pendant la bataille elle chargea au milieu de l’ennemi en les harcelant avec son naginata mais reçut finalement une balle ennemie au torse et tomba. Elle ordonna à sa sœur Yuko de la décapiter, et sa sœur, déterminée à ne pas laisser la tête de Takeko être emportée par l’armée de l’Ouest, la prit et la rapporta à la maison.

On peut trouver un monument dédié à Takeko Nakano au temple de Hokai à Kitaura, Bangemachi. De plus, une tour érigée en mémoire des 236 femmes d’Aizu martyrisées lors de la guerre d’Aizu se dresse toujours au temple de Zenryu à Seinan, Odayama.

L’héroïsme du Byakkotai

Le clan Aizu organisa plusieurs unités composées de garçons de 16 et 17 ans. Ces groupes, appelés le Byakkotai, comportaient les Shichu, les Yoriai et les Ashigaru. On leur donna l’ordre d’aller dans la zone de Tonoguchi le 22 août pour suivre le seigneur Katamori. A une heure cet après-midi là, le groupe des jeunes hommes se dirigea vers le front sous une pluie battante. Katamori ordonna à quarante membres du deuxième groupe, les Shichu Byakkotai, de prendre le champ. Ils rencontrèrent l’ennemi près du village de Tonoguchi et concentrèrent leur feu sur lui, mais la contre-attaque de l’armée de l’Ouest fut extrêmement forte et ils furent forcés de battre en retraite. Ils franchirent un tunnel au barrage de Tonoguchi et réussirent à s’échapper vers le Mont Iimori d’où ils virent une mer de flammes dans la ville fortifiée d’Aizu. Ils pouvaient même voir les flammes s’échapper du château. Affamés et épuisés par le combat, ils pensèrent à tort que le château était tombé, crurent que la fin était arrivée et confirmèrent leur détermination de mourir pour leur seigneur. Les vingt adolescents se poignardèrent les uns les autres ou commirent le hara-kiri. Le jeune Sadakichi Iinuma, bien que sérieusement blessé, fut le seul survivant. On peut voir une stèle dédiée à la mémoire des dix-neuf qui prirent leur propre vie sur le Mont Iimori.

L’intrépidité du jeune Sokaku

L’armée de l’Ouest qui envahit le domaine d’Aizu avait déjà pris le contrôle du pays entier. L’énorme armée, composée de soldats venus de clans de tout le Japon, vinrent en masse dans la plaine d’Aizu, mais l’armée d’Aizu avait stocké, caché ou brûlé toutes leurs provisions avant de s’enfermer dans le château. Il en résultat que l’armée d’invasion souffrit de graves manques de provisions et essaya de réquisitionner de la nourriture de tout le territoire d’Aizu. Cependant, dans chaque maison ils ne trouvèrent que les vieillards et les enfants alors que les autres membres de la famille étaient partis pour la campagne. La peur se répandit dans tout Aizu quand l’armée de l’Ouest décréta que quiconque refuserait une réquisition serait immédiatement fusillé.

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