Aikido Journal Home » Articles » Biographie de Sokaku Takeda (2) Aiki News Japan

Biographie de Sokaku Takeda (2)

Available Languages:

par Tokimune Takeda

Aiki News #75 (August 1987)

Traduction française: Ludwig Neveu

L’article suivant a été préparé avec l’aimable assistance de Jocelyn Dubois.

La Guerre de Quatre Jours

Le 1er janvier 1868, l’Empereur ordonna au Shogun Yoshinobu Tokugawa, qui était retranché à Osaka, d’entrer dans la capitale Kyoto avec une petite armée. Cependant Yoshinobu soupçonna que les clans Satsuma et Choshu prévoyaient de le piéger et entra dans Kyoto par deux villes différentes, Toba et Fushimi, avec environ 10000 soldats des clans Aizu et Kuana en pointe. Il s’ensuivit une guerre de quatre jours qui éclata le 3 du même mois. A un certain point, les clans Satsuma et Choshu rencontrèrent des difficultés contre les attaque d’artillerie de l’armée du shogunat et il fut même proposé de transférer l’Empereur dans un autre endroit. Le 4, les armées des deux clans nommèrent Yoshiaki Shinno (membre de la famille impériale) commandant en chef d’une force expéditionnaire. En conséquence, l’armée du shogunat était forcée de se trouver en opposition face à l’armée de l’empereur, ce qui lui fit perdre son esprit combatif et fuir dans le château d’Osaka.

Parmi les membres de la garde de protection qui accompagnait le Shogun Yoshinobu se trouvait la « yugekitai », littéralement l’ « armée volante » (des experts du sabre issus du kobusho, dont Kenkichi Sakakibara) et le commandant Mononoi Shunzo, un expert du sabre de cette époque. Cependant Mononoi était secrètement de mèche avec les royalistes provoqua un incendie dans une pièce près du salon de réception du Shogun tirant profit de la confusion dans le château d’Osaka. Il trahit le Shogun et chercha refuge dans le manoir du clan Tosa après avoir été pourchassé. La situation s’aggrava donc. Toute l’armée du shogunat fut placée sous la responsabilité de la famille Kishu. Les clans Aizu et Kuana et le Shinsengumi (les forces spéciales du shogunat, voir AN n°74) remplacèrent celle-ci en tant qu’escortes. Yoshinobu reçut par la suite l’ordre de se rendre immédiatement dans la province orientale et retourna à Edo (ancien nom de Tokyo) par la mer.

Menace sur le château d’Edo

Au matin du 6 février 1868, environ 22 clans comprenant ceux de Satsuma, Choshu et Owari, levèrent une armée pour contrôler trois routes : celle de Tokai, celle de Tozan et Hokuriku, et celle d’Arisugawanomiya. Taruhito Shinno reçut l’étendard impérial et un sabre en tant que commandant en chef de la force orientale. Ils se mirent en marche, le moral au plus haut, s’étant mis d’accord pour attaquer le château d’Edo simultanément le 15 mars.

Kaishu Katsu, un vassal du Shogun, envoya Tetsutaro Yamaoka (Tesshu Yamaoka) à Sunpu (ancien nom de Shizuoka) comme messager personnel et proposa à Takamori Saigo d’arrêter l’attaque sur Edo. Katsu rencontra également Saigo quand ce dernier entra à Edo. Yoshinobu se retira et fut assigné à résidence dans la ville de Mito (dans la province d’Ibaragi). Il insista sur l’importance de sauver les citoyens d’Edo et demanda à Saigo d’arrêter l’attaque sur Edo. Saigo accepta. Le nouveau gouvernement décida de nommer Kamenosuke Tayasu comme successeur de la famille Tokugawa et démontra qu’il n’avait pas d’intention de la détruire en public, afin d’inspirer confiance parmi le peuple. Yoshinobu Tokugawa entra dans le temple Kan’eiji à Ueno et présenta sa démission.

Pourtant, ceux qui se sentaient redevables de la dynastie Yokugawa organisèrent le « Shogitai » avec Hachiro Amano à leur tête et se retranchèrent dans le temple Kan’ei d’Ueno. Leur nombre s’élevait à environ 2000 personnes mais le 15 mai, les forces gouvernementales ouvrirent le feu toutes ensemble à partir du manoir Kashu à Hongo (l’actuel arrondissement de Bunkyo) et envahirent Uenoyama. Le Shogitai fut vaincu au cours de cette bataille d’une journée, impuissant contre les fusils nouvellement fabriqués des forces gouvernementales, et s’enfuirent.

Le sauvetage d’Edo

Les forces gouvernementales proclamèrent un ordre composé de cinq conditions, dont celle d’abandonner le château d’Edo. Un représentant, Tayasu, accepta humblement cet ordre. Le 11 avril, l’évacuation du château d’Edo eut lieu sans effusion de sang, grâce à la loyauté de Saigo, Katsu et Yamaoka. Ceci évita à Edo d’être transformé en mer de flammes, et sauva les vies et les logements de milliers de citoyens.

C’est ainsi que les guerriers d’antan, nos prédécesseurs, protégèrent le Japon jusqu’au bout en faisant preuve de l’esprit du Yamato au sens large en évitant le piège de l’invasion orientale et les politiques coloniales.

Le facteur fondamental fut la dévotion à l’idéal de sacrifice individuel pour le bien du pays. On peut voir l’influence de la vraie tradition japonaise, née à l’âge des kamisama (divinités). La façon de s’entraîner de Sokaku Takeda était également enracinée dans cet esprit et il manifesta son respect pour celui-ci durant sa vie tout au cours des ères Meiji, Taisho et Showa. Son sens de la justice se manifeste partout et son esprit intrépide unique fut évident dans ses actes et ces qualités ont inspiré la jeunesse des générations qui ont suivi.

La guerre d’Aizu

Le chef du clan Aizu, le Seigneur Katamori Hatsudaira (voir AN n°74), qui avait été vaincu à Toba et Fushimi, fit pénitence et envoya Michitaka Kujo, chef de la force de pacification dans la région de Ouu, pour proposer une pétition d’excuses au clan Sendai ainsi qu’aux nombreux clans de la région d’Ouu plus de dix fois. Cependant, un membre de l’état-major, Shuzo Sera du clan Chosu, écrivit une lettre secrète déclarant en substance qu’une décision avait été prise de détruire des clans situés en Ouu afin d’établir les clans Satsuma et Choshu dans cette région. L’existence de cette lettre arriva à la connaissance de Segami du clan Sendai et Sera fut assassiné à Fukushima. Le 23 avril, les principaux vassaux de chaque clan de la région d’Ouu se rassemblèrent et formèrent une « Union de Ouu ». Apprenant cela, les clans Satsuma et Choshu levèrent une armée contre cette union et firent marche sur les routes de Shirakawa et Echigo.

Keisuke Oshima et plusieurs autres de l’armée du shogunat qui s’étaient échappés d’Edo combattirent dans des lieux tels que Utsunomiya et Nikko. Le Shinsengumi combattit également en divers endroits avant d’être vaincu à Koshu. Environ 300 hommes parmi lesquels des soldats de l’armée du shogunat, le clan Mito et le Shinsengumi, rejoignirent l’armée du clan Aizu et participèrent à la bataille de Shirakawaguchi.

(The full article is available for subscribers.)

Subscription Required

To read this article in its entirety please login below or if you are not a subscriber click here to subscribe.

Username:
Password:
Remember my login information.