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L’évolution du Yoseikan Budo

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par Godfrey Zwygart

Published Online

Traduction française: Simon Lafrenière

Le Yoseikan Budo, Crée par Minoru Mochizuki en 1931 à son dojo de Shizuoka a connu depuis ses débuts plusieurs dizaines d’années de changements et d’améliorations pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Fidèle à ses propres paroles, Sensei Minoru Mochizuki à poursuit tout au long de sa vie une recherche constante en vue d’améliorer et de faire évoluer son art martial afin d’éviter de le contraindre à une forme académique définitive. Il disait souvent «n’enseignez jamais seulement ce que l’on vous a enseigné. »

Sensei Minoru Mochizuki qui est âgé de 93 ans maintenant et en fragile condition vit comme la tradition l’exige avec son fils aîné Hiroo et sa famille dans le sud de la France. Conscient de sa fragilité, il a cessé ses activités et léguer son titre de Soke non héréditaire (Maître en chef) à Hiroo Sensei en juillet 1999.

Hiroo Sensei, 65 ans, doit être considérer au XXIième siècle comme un pionnier ainsi qu’un génie du monde des arts martiaux. En plus de son entraînement formel avec son père, il a aussi étudié avec Maître Hyogo, Ostuka et Michihara et atteint ainsi un niveau bien plus avancé dans les formes de frappe. Lorsqu’il déménagea en Europe, il pratiqua des arts martiaux occidentaux tel que la boxe de même que le Kick boxing ou il a atteint les niveaux les plus élevés. Il étudia aussi les arts martiaux chinois et réalisa que bien des techniques très intéressantes pouvaient être apprissent grâce à tous ces arts et par le fait même enrichir les formes académiques du Japon pour une plus grande efficacité. Dans les dernières années, dû à la promotion qu’ont connu les sports et les combats de UFC. Il est devenu évident que l’adepte d’un art martial unique n’est pas facilement en mesure de gagner dans une situation de combat réel et que les combattants doivent être en excellente forme physique et posséder un large éventail de techniques de combat pour gagner.

Lui-même docteur en médecine vétérinaire, Hiroo Sensei s’aperçut rapidement que plusieurs techniques étaient dommageables à la santé du corps et il les modifia en conséquence afin de les adapter à la morphologie et à la physiologie humaine.

Sa plus grande réussite fut sans aucun doute d’optimiser la vibration ou l’ondulation produite par le hara, appelé qi par les Chinois, dans chaques type de techniques (frappe, projection, clé, arme etc…) pour augmenter sa force considérablement et demeurer décontracté quelle que soit la situation. Il démontra sur des appareils à l’institut des Sports de Paris que l’utilisation de cette vague d’énergie pouvait améliorer la puissance de 50% et il analysa les techniques une à une afin d’y inclure ce principe (Ce que les Chinois ne parvinrent jamais à réaliser). C’est ainsi que d’une façon ingénieuse il établit un lien entre chaque technique et cette vague ondulatoire pour en faire la base fondamentale.

Bien qu’il fut l’instructeur national de l’équipe de karaté française qui gagna les championnats mondiaux en 1970, Sensei Hiroo refusa pour plusieurs année d’organiser des compétitions organisées afin d’éviter d’appauvrir l’art. C’est seulement après plusieurs année de pressions croissante de la part de ses étudiants qu’il décida d’organiser des tournois. Au cours des dernières années le système a été redéfini et c’est probablement le seul art martial au monde à offrir aujourd’hui autant de possibilités en compétition.

Les compétitions régulières incluent trois types de jeux.

  • Sude Randori (frappe/projection/immobilisation).
  • Emono Randori (avec des armes recouvertes de mousse).
  • Emono Sude Randori (en combo ou avec tanto adapté pour la compétition contre mains nues).

Les règles pour cette forme de randori n’inclus que très peu d’interdits mais sont pratiqués avec un équipement de protection complet pour éviter les blessures. Les techniques interdites sont les coups de pieds aux genoux, les prises à la tête en clé et en torsion.

De plus il y a aussi certaines compétitions spécialisées :

  • Kata
  • Aïki (avec un ou plusieurs opposants )
  • Kyoe Randori (la forme suprême de randori )
  • Kenjutsu
  • Bajustu (à dos de cheval)
  • Kempo

À Noter : Le Kyoe Randori inclus toutes les techniques (atemis, aïki, jujitsu). Aucun équipement de protection n’est utilisé mais les combattants doivent garder un parfait contrôle de leurs techniques.

En d’autres mots, le Yoseikan Budo offre maintenant un éventail illimité de techniques à l’adepte sérieux des arts martiaux. Les compétitions ont contribué au fil des années a grandement amélioré l’efficacité des techniques ainsi que le niveau des pratiquants. Les attaques et les défenses sont plus rapides, réalistes et puissantes ne laissant donc aucune place aux comportements négligés ou imprécis.

Il s’agit aujourd’hui, à la fois d’un art martial très traditionnel et d’un sport moderne tout en un. Le système de ceinture est le même pour tous les étudiants, ils portent la ceinture bleu et blanche sans aucune marque distinctive.

Hiroo Sensei met une emphase particulière sur la valeur des hommes plutôt que des ceintures et apporte des modifications et des améliorations au Yoseikan Budo afin qu’il demeure un art martial vivant, s’opposant ainsi au vision pessimiste des traditionalistes.

Actuellement, des milliers de personnes pratiquent le Yoseikan Budo dans le monde entier et la France compte à elle seule plus de 140 clubs. Pour obtenir plus d’informations visiter le site web de la YWF.

Le texte ci-haut reflète l’opinion de l’auteur seulement et n’engage d’aucune façon les responsabilités de la YWF et/ou de la famille Mochizuki.

G. Zwygart est un auteur indépendant vivant à Taiwan.