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L’Orient rencontre l’Occident : “On Harmony”

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par Midori Yamamoto

Aiki News #33 (March 1979)

Traduction française: Jocelyn Dubois

Dernièrement j’ai reçu une lettre d’un de mes amis japonais qui enseigne dans une université américaine. Il m’a écrit : “Je suis pris dans une course acharnée dont la règle est, publie ou meurt.” C’est un jeune économiste prometteur recruté comme enseignant dans l’une des plus prestigieuses universités privées juste après l’obtention de son diplôme américain. Selon lui, son poste actuel, même obtenu après une sélection très sévère, est précaire. Il ne pourra obtenir de titularisation à moins de produire un travail particulièrement remarquable durant son contrat de cinq ans. Cette course intérieure pour une titularisation est très intense. Par exemple, il m’a rapporté qu’à Harvard le taux de titularisation était de moins d’un pour cent. Seul un enseignant sur cent pourra rester à l’université jusqu’à la retraite. Les perdants de cette course universitaire, seront contraints de chercher un emploi dans un institut moins réputé. La situation semble être la même dans la plupart des autres universités. Il s’agit seulement d’un exemple, mais il a suffit pour me convaincre de la nature hyper compétitive de la société américaine.

Par comparaison, au Japon où l’emploi à vie traditionnel continue à prévaloir, une fois que l’on est embauché dans une institution universitaire ou une entreprise commerciale, la titularisation jusqu’à la retraite est automatique. Si un individu a un rendement normal, il sera promu naturellement selon un système d’ancienneté. Par conséquent, les employés n’ont pas besoin de se lancer dans une furieuse course pour leur survie. L’atmosphère dominante en milieu professionnel est harmonieuse, familiale. Pour cette raison, si un jeune tente de hâter son avancement, il s’expose à des critiques telles que “Tu outrepasses tes responsabilités” ou “Tu perturbes tout le monde”. L’auteur de cette lettre était initialement employé dans une grande compagnie où le conseil amical des anciens aux nouvelles recrues enthousiastes était : “Un clou qui dépasse est sûr de se faire replanter à sa place (un proverbe japonais), alors si vous voulez avancer, progressez seulement d’un demi-pas à la fois.” Si la société américaine demande à ses membres de se donner à fond dans la compétition avec les autres, la société japonaise, elle, valorise plus le concept d’harmonie (“wa”). Je me demande si ce n’est pas une nécessité sociale de porter une attention particulière aux relations humaines, du fait de la longue période d’échanges jusqu’à la retraite. Je me rappelle qu’à l’école primaire, lors de la remise des diplômes, un enseignant avait signé le livre de souvenirs avec ce seul mot, “harmonie”.

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