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Le mystère du centre mouvant

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par Daniel Kempling

Published Online

Traduction française: Robert Laval

Je crois qu’en tant qu’élèves d’Aikido, cet art martial magique, nous recherchons tous à exprimer la force de façon effective dans nos techniques et de neutraliser cette même force dans nos corps par l’entremise de l’étude de « ukemi ». Malgré notre entraînement sincère année après année avec de bons modèles, nous ratons néanmoins la cible à cet égard.

Et pourquoi? Est-ce que l’habilité de pouvoir se déplacer à partir de son centre est un art réservé aux personnes exceptionnelles? Où est-il possible que nous faisons fausse route?

Peut-être nous ne posons pas les bonnes questions, ou peut-être en tant qu’enseignants il nous manque une stratégie pédagogique claire pour le transmettre à nous élèves même si nous avons intégré cette habilité personnellement.

Mon travail en tant qu’entraîneur personnel et instructeur de Pilates m’a doté d’outils de recherche qui m’ont bien servi à mieux comprendre ce que représente se déplacer à partir de son centre. Malgré les limites de la communication écrite, je vous présente néanmoins les quelques observations suivantes.

Dans une perspective purement physique, voici le problème tel que je l’entrevois : afin de simplifier notre vie, nous avons créer des aides ergonomiques telles la chaise et la toilette à chasse d’eau qui ont eu des répercussions très néfastes sur l’alignement idéal des vertèbres. Depuis la petite enfance nous avons chaussé des souliers amortissant notre contact avec la terre. Nous avons asphalté nos sentiers et avons construits des escaliers entre les différents niveaux réduisant la mobilité de l’articulation de la hanche et faiblissant les jambes.

C’est ainsi que la plupart parmi nous se présentent à l’étude de l’Aikido, un art qui présuppose des capacités physiques que nous ne possédons pas. À moins que nous adressions ces lacunes dans notre poursuite holistique, la recherche de mouvement cohérent ressemblera en effet à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin.

Adressons ces problèmes en commençant avec l’alignement des vertèbres.

La colonne vertébrale humaine s’est évoluée à une forme idéale qui encourage la force, l’absorption des chocs et l’aisance de mouvement lorsqu’elle se trouve alignée avec la force de gravité. On comprend bien que la colonne vertébrale n’est pas un seul os mais une série de vertèbres reliés comme un collier de perles qui dépend sur une contraction musculaire appropriée afin de conserver cette forme idéale. Lorsqu’on est assis ou debout, théoriquement le bassin est vertical avec une concavité légère dans le bas du dos. Les omoplates ont une position baissée et postérieure, le menton est de niveau, et le dessus de la tête se pointe vers le ciel. Néanmoins une telle posture est si rare de nos jours qu’elle se fait remarquée. Pour ceci, on peut en somme l’attribuer à notre dépendance sur la chaise.

Qu’il s’agit d’être assis à notre bureau, effondré dans un sofa ou à la roue de notre automobile, nous abandonnons si complètement à nos chaises la tâche de support à la colonne vertébrale, que non seulement nous avons oublié la sensation d’une colonne vertébrale bien alignée mais nous découvrons que notre musculature de base, notre corset naturel, est devenu mou.

Cette perte de résilience a eu un impact débilitant sur notre habilité de protéger notre colonne vertébrale et les blessures au bas du dos sont devenues endémiques dans notre société, et même parmi nos jeunes.

La deuxième grande contribution à la vie moderne, la toilette à chasse d’eau, a épargné aux dernières générations l’indignité de s’accroupir afin de se soulager. La vie semble être devenu apparemment beaucoup plus sanitaire.

Malheureusement de nombreuses conséquences néfastes sur le corps humain découlent aussi de cette contribution. Puisque nous ne nous accroupissons plus, nous avons perdu énormément de force dans nos jambes et en particulier de la portée inférieure de mouvement. Nous découvrons que la mobilité de l’articulation de la hanche dont l’évolution permet une rotation libre est en grande mesure étranglée. Les tendons du jarret sont tendus et ils tirent sur la partie postérieure du bassin ce qui contribue à la détérioration du désalignement du bassin créé par l’influence de la chaise.

Par la suite puisque l’accroupissement devient une action étrangère et peu comfortable on a tendance à se plier à partir de la taille afin de récupérer des objets à terre. Il en résulte que nous surutilisons les extenseurs lombaires qui sont relativement petits et nous n’utilisons pas assez le grands muscles en place pour ces tâches, c’est-à-dire les muscles fessiers et les quadriceps.

Les genoux sont aussi rarement stimulés sous charge à travers toute la gamme de mouvement et par conséquent sont devenus faibles. Faibles et extrêmement vulnérables aux exigences d’une discipline aussi vigoureuse et dynamique qu’est l’Aikido.

Considérons que l’Aikido se dérive d’une culture physique qui s’accroupissait et utilisait beaucoup moins les chaises. Les enseignants d’Aikido japonais se sont rendus compte qu’en communiquant cet art à l’occident qu’ils avaient à faire à non seulement à une culture différente mais au point kinesthésique à un corps humain différent. Il y en a qui ont remarqué que le corps humain de l’occident leur semble tête-à-queue. Lorsqu’une personne se trouve incapable de tirer de la force effectivement des jambes et la région du bassin, elle doit se fier sur ce qui reste, c’est-à-dire la partie supérieure du torse, la poitrine et les bras.

Si votre entraînement en Aikido se déroule depuis quelque temps on vous a sans doute invité à vous détendre. Parfois cette correction est communiquée avec une telle force que cela vous inspire peu à vous détendre.

J’avance que ce dont on a besoin est d’être tendu de façon appropriée dans les bons endroits, aux bons moments, créant une vague d’évènements musculaires qui établit une ligne de force nette dans le corps.

En stabilisant et en renforçant nos muscles de base, nous protègerons notre dos, déterminerons pour nous-même, nettement, notre centre physique et nous libérerons notre corps supérieure pour qu’il puisse compléter sa propre fonction.

En renforçant et mobilisant nos jambes et les articulations des hanches, nos protègerons nos genoux et construirons une fondation physique qui servira à exprimer la puissance du corps en entier.

Ceci nous amène à nous poser la question , “Précisément, comment?”

J’y suis…

Daniel Kempling, cinquième dan, shidoin est l’instructeur en chef du Pacific Coast Aikikai et directeur du Center for Mindful Movement à Saanichton, C.-B. au Canada. Son DVD “Aikido from the Core” sera lancé en janvier 2006. Vous pouvez le visionner à http://aikidodojo.com/dvd.